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La parole du maître en classe

la parole modèle du maître en classe ...

Les programmes de l'école, mais également de nombreux rapports ou documents institutionnels  évoquent la nécessaire qualité de la parole du maître en classe, parole qui doit être un modèle pour ses élèves. Le nouveau cahier des charges de la formation des maîtres place comme deuxième compétence  du professeur :" - maîtriser la langue française pour enseigner et communiquer ".
Cette exigence nous rappelle qu'il ne suffit pas au maître de "bien savoir s'exprimer" et d'avoir une bonne maîtrise de la langue dans ses usages.
La parole du maître en classe est à la fois référence, aide à l'élucidation et à la structuration des connaissances, aide à l'enrichissement de la langue et à la favorisation de la communication. Elle est en elle-même le premier pas vers la "langue scolaire" , cette langue dont il faut maîtriser les clés pour entrer dans les apprentissages et particulièrement les longs apprentissages.

Cette fiche vient en complément d'un ensemble de fiches déjà présentées sur Prepaclasse et dont les liens sont rappelés plus bas.

la langue modèle du maître - Vincent Breton

La langue parlée du maître se doit d'être autenthique et sincère, conforme à l'éthique, mais la langue du maître est une langue professionnelle avant d'être la langue personnelle du maître.

"Bien parlant", le maître est celui qui parle "à bonne distance et à bonne mesure"dans une langue forcément marquée et soutenue.
La langue du maître doit être dispensée "à bonne mesure". Il faut à la fois savoir se faire écouter, ne pas noyer les élèves sous des torrents d'informations, marquer symboliquement le type de parole : adresse individuelle, consigne collective, synthèse, reformulation, lecture d'un écrit...

Il faut expliciter les marques parfois brouillées de la langue en se dispensant des élisions, des ellipses.
Le maître fait la chasse aux implicites, aux ambiguités, aux contresens ou à ces multiples pièges que recèle la langue tant dans ses expressions que dans ses liaisons... Pour celà, il lui faut aussi écouter ses élèves pour mieux mesurer ce qu'ils savent ou leurs difficultés.

La langue parlée du maître dit ce qui est avec précision. C'est une langue qui s'assure à chaque moment que le message est passé, qui conforte et vérifie.
La langue du maître dit et va chercher le retour dans la parole ou la réponse en actes de l'élève. Elle prend appui sur l'écrit et tout en servant la langue française, elle s'insère dans la "langue scolaire", autrement dit la langue des apprentissages qui sert à comprendre et à penser.

la bonne distance

Les incertitudes de la langue enfantine ne sont pas laissées comme telles.
Il s'agit auprès du très jeune enfant de l'aider à mettre en mots ce qu'il fait ou de redire mieux ce qu'il a dit.
La parole du maître est une parole d'accompagnement. L'élève qui s'exprime n'est pas "repris" au sens négatif du terme. En revanche, le maître cherche dans l'essai de l'enfant ce qu'il a voulu dire et propose (pour ne pas dire impose) une reformulation conforme et modèlisante.
Cette bonne distance c'est aussi celle qui donne à chacun son rôle dans la classe et dès le début garantit que tout est dévolu ici à l'apprentissage.

Pour employer une image, le maître est dans la classe comme l'arbitre sur le terrain de volley : il engage le ballon, veille au respect des règles à la qualité des passes, s'assure que celui-ci ne sorte pas du terrain, si besoin engage de nouveau le ballon... en rappelant les règles du jeu, en les enrichissant, en les complexifiant...

Il s'agit d'entrer en relation avec l'élève pour lui permettre d'entrer en relation avec l'objet d'apprentissage. Au fond, il s'agit de permettre de "faire de la pensée" ou de témoigner activement, sans relâche que le langage dans la classe est là pour aider à réfléchir et qu'à ce titre il doit lui-même gagner en clarté cognitive.
Cette exigence se pose dès l'école maternelle.

quelques situations simples en illustration...

- reformuler : redire, redire mieux, traduire, enrichir...
- les "mots du jour" : ces mots nouveaux dont le maître favorise la rencontre dans les différentes activités, sont relevés au tableau, portés dans des fichiers ou des répertoires, appris et repris à l'écrit et réunis dans un patrimoine...
Des explorations peuvent être menées en appui sur l'écrit pour dresser des inventaires de type heuristique : familles de mots, familles de sens, "soleils de pensée" (mots associés et organisés autour d'un premier mot thème).
- des mots pour penser : dans la même logique, le "brain storming" est une activité riche pour la classe. Après un travail dire et noter les mots clés qui viennent à l'esprit, idem après une sortie, mener des inventaires de mots puis trier, classer, organiser... passer sans cesse de l'oral à l'écrit...
- articuler : l'articulation du maître n'est pas son articulation naturelle. Elle ne triche pas, mais elle permet à l'élève d'approcher le mot (l'idée de mot). Il s'agit de lever certaines ambiguités : ici un accent, là une liaison peu claire...
- jouer : avec les sons, avec les mots, avec les phrases et leurs constructions pour attirer l'attention des élèves et inciter à comparer, transformer, "bricoler" la langue en conscience... Il s'agit ici de commencer à donner à l'élève le pouvoir d'agir par les mots.
- raconter, lire en permettant à l'élève de mesurer la différence entre une parole personnelle, une parole "mémoire patrimoniale" (l'histoire partagée, la comptine, le chant...) et une parole qui lit scrupuleusement ce qui est écrit (voir la fiche sur le maître lecteur).

quelques points de vigilance en rappel



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