le B2i, un objet original dont l'esprit doit être bien compris
Pilier du socle commun des connaissances et des compétences, les techniques usuelles de l'information et de la communication (TUIC, autrefois TICE ou TIC) sont l'objet d'une préoccupation particulière qui engage tous les acteurs : équipement massif des écoles par les collectivités, formation des enseignants, mise en place d'une certification incarnée par le B2i, enjeux éducatifs forts... Le pourcentage d'élèves disposant du B2i école constitue d'ailleurs l'un des indicateurs de la LOLF .
Si
les maîtres utilisent à 80% d'entre eux au moins,
l'informatique pour leur usage personnel et professionnel, la mise en
oeuvre par les élèves dans la classe reste un enjeu
délicat qui ne saurait se borner au quantitatif.
Des progrès significatifs ont été accomplis mais
trois éléments doivent aujourd'hui attirer l'attention
des équipes :
- la programmation ou le parcours de l'élève dans les TUIC
qui doit être pensé en termes de programmation et de
progression individuelle et dans le cycle pour ne pas tout faire
reposer sur le seul CM2
- l'approche transversale ou
intégrée au quotidien des TUIC pour éviter le
risque d'en faire une discipline fermée sur elle même et
surtout d'ajouter par empilement une couche de plus au "mille-feuilles"
des enseignements ou obligations à assurer
- la réflexion sur l'évaluation qu'impose le B2i et les transferts vers d'autres domaines d'apprentissage.
A certains égards, le B2i, peut constituer un laboratoire
d'appropriation de la nouvelle culture d'évaluation
fondée sur l'estime de soi, le parcours individuel, le
répérage des compétences...
La fiche qui suit vous invite à clarifier un peu ce qu'est le B2i ou ce qu'il n'est pas. Elle est ouverte à vos réflexions et critiques, aux récits d'expériences.
Le B2 I école Il s'incarne pour beaucoup au travers de la feuille de position et de ses cinq domaines :
5 domaines- Domaine 1 : S'approprier un environnement informatique de travail
- Domaine 2 : Adopter une attitude responsable
- Domaine 3 : Créer, produire, traiter, exploiter des données
- Domaine 4 : S'informer, se documenter
- Domaine 5 : Communiquer, échanger
Des orientations par les textes
- Le socle commun des connaissances et des compétences (décret du 11/07/06)
- les TUIC constituent le quatrième pilier du socle
- La circulaire du 19 décembre 2005 généralise le C2i enseignant
- cette circulaire précise le niveau de compétence exigible d'un maître et les enseignants néotitulaires seront détenteurs de cette certification de niveau élevé...
- L'arrêté du 14 juillet 2006 (connaissances et capacités exigibles pour le B2i)
- cet arrêté qui définit trois niveaux de B2i précise les attentes relatives au B2i école, au B2i collège et au B2i lycée. Le B2i collège constitue pour la rentrée 2008 un élément obligatoire du nouveau brevet du collège et la certification des acquis du socle pour ce pilier.
- La circulaire du 7 novembre 2006 a pour objet de définir les modalités de mise en œuvre de
ce texte.
Ces modalités remplacent celles qui avaient été définies par la
note de
service n° 2000-206 du 16 novembre 2000 (B.O. n°
42 du 23 novembre 2000) relative au brevet informatique et internet (B2i)
école et collège ainsi que par l’annexe V de l’arrêté du 25 janvier 2002 relatif
aux programmes de l’école primaire.
Le B2i : une vision originale...
| Pas un examen | Mais certificatif |
| Renseigné au fil de la scolarité | Exigible avant l'entrée au collège et pour le NBC |
| Pas « disciplinaire » | Mais les TUIC = 1 pilier du socle |
| Des compétences | Pas un programme linéaire |
Des idées « force » à retenir :
Les compétences sont acquises dans le cadre d’activités relevant des différents champs disciplinaires.
Les B2i constituent des attestations de compétences développées par les élèves tout au long de leur cursus lors d’activités intégrant les TIC dans le cadre de l’enseignement scolaire.
La vérification des compétences est intégrée aux apprentissages
Les compétences constitutives du B2i sont développées et validées dans le cadre des activités pédagogiques disciplinaires, interdisciplinaires ou transversales menées dans les écoles et les établissements d’enseignement.
des modalités d'évaluation originales :
Tous les enseignants valident les items... Ils valident progressivement les items dès lors que l’élève estime les avoir acquises.
La feuille de position est intégrée au livret scolaire qui suit l’élève
Une attestation qui a valeur de certificat
L’attestation est délivrée par le directeur de l’école sur proposition du conseil de cycle
Les TUIC intégrées...
La nécessaire programmation des apprentissages
On peut et doit à la fois penser le parcours "a priori" (avec une idée de progression car certaines compétences relèveront plutôt par exemple du cycle 3) mais il faut un outil souple, qui permette aux maîtres, au fil de l'eau de renseigner "a posteriori" le tableau de bord.
par exemple : dans telle classe on a mené un projet d'exposition qui a permis d'élaborer des affichages intégrant du texte, dans une autre classe, une classe de découverte a engagé un travail sur l'image numérique, ailleurs les élèves pour travailler la lecture orale de textes (le dire), ont effectué des montages sonores enregistrés... Toutes ces activités sont l'occasion de pratiquer les TUIC de manière intégrée et de mettre du sens sur les apprentissages.
Très souvent, les maîtres doivent apprendre à repérer dans "ce qu'ils font déjà", ce qui relève des compétences du B2i. .
- se donner le temps de bien faire et de ne pas tout reporter sur le seul CM2
- Programmer a priori et suivre a posteriori les cohortes d'élèves en croisant les compétences et les activités menées dans toutes les disciplines (rôle du directeur)
- 22 compétences qui peuvent se décliner au fil de la scolarité
- c'est concevoir des tableaux de bord
- c'est travailler ce suivi en conseil des maîtres de cycle et conseil des maîtres
-
à ce titre, les directeurs peuvent avoir un rôle de pilotage
Impact pédagogique
- l'entrée disciplinaire : "utiliser les TUIC au sein de telle ou telle discipline"
- l'entrée de la pédagogie différenciée : "utiliser les TUIC pour différencier les apprentissages" y compris pour soutenir une connaissance, faire de la remédiation, systématiser, mémoriser, structurer...
penser à varier
- Varier les recours à l'outil informatique
- Varier les formes de travail : individuel, binôme, petit groupe...
- Varier les situations et les approches
- Accepter que chaque élève ne fasse pas la même chose au même moment
- Différencier
- Utiliser l'informatique pour structurer et donner du sens
Une approche possible ...
Préférer l'entrée par la situation ou le projet..
Il s'agit d'utiliser l'outil informatique pour répondre à un besoin, une situation problème ou un projet
Il devra enfin aider le ou les élèves à prendre conscience de ce qu'ils font avec l'outil informatique.
C'est une fois cette prise de conscience effectuée et dès lors qu'il aura stabilisé un savoir faire mais sera capable d'y mettre du sens, que l'élève proposera la validation de la compétence au maître.
Si l'élève peut dans sa pratique personnelle, à la maison ou dans une association, un club... accumuler de manière plus ou moins empirique des connaissances et des "savoir - faire" informatiques, il appartient à l'école d estructurer ces apprentissages et d'aider les élèves à comprendre sous le geste technique ce qu'ils font et les enjeux qui en découlent.
L'école retrouve là son plein sens d'exercice.
Elle construit un rapport citoyen et rationnel face à cet outil souvent envahi de virtuel ou de consumérisme.
Pour les maîtres, l'illustration apportée par les TICE en matière de programmation et d'évaluation peut aider aux futures transpositions dans les différents domaines.
En effet, la pédagogie différenciée, la réponse aux besoins individuels est une injonction forte de la Loi d'orientation et de programme pour l'avenir de l'école de 2005.
Une pratique réussie avec le B2i peut s etransposer par exemple en mathématique : l'élève qui maîtrise une compétence et en prend conscience peut en demander la validation. Moins bien assuré, il pourra demander un renforcement, une aide, compléter son apprentissage et avec le maître aller jusqu'à la conception de son plan de travail personnel ou à la définition de ses besoins. Plutôt qu'une sélection par l'échec, l'élève peut s'appuyer sur ses premières réussites, essayer sans risque, progresser à son rythme.
Cela suppose une organisation des apprentissages qui ne soit pas exclusivement frontale, une organisation exigeante.
