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pour une pratique transversale des TIC ou TUIC

le B2i, un objet original dont l'esprit doit être bien compris

Pilier du socle commun des connaissances et des compétences, les techniques usuelles de l'information et de la communication (TUIC, autrefois TICE ou TIC) sont l'objet d'une préoccupation particulière qui engage tous les acteurs : équipement massif des écoles par les collectivités, formation des enseignants, mise en place d'une certification incarnée par le B2i, enjeux éducatifs forts... Le pourcentage d'élèves disposant du B2i école constitue d'ailleurs l'un des indicateurs de la LOLF .

Si les maîtres utilisent à 80% d'entre eux au moins, l'informatique pour leur usage personnel et professionnel, la mise en oeuvre par les élèves dans la classe reste un enjeu délicat qui ne saurait se borner au quantitatif.
Des progrès significatifs ont été accomplis mais trois éléments doivent aujourd'hui attirer l'attention des équipes :
- la programmation ou le parcours de l'élève dans les TUIC qui doit être pensé en termes de programmation et de progression individuelle et dans le cycle pour ne pas tout faire reposer sur le seul CM2
- l'approche transversale ou intégrée au quotidien des TUIC pour éviter le risque d'en faire une discipline fermée sur elle même et surtout d'ajouter par empilement une couche de plus au "mille-feuilles" des enseignements ou obligations  à assurer
- la réflexion sur l'évaluation qu'impose le B2i et les transferts vers d'autres domaines d'apprentissage. A certains égards, le B2i, peut constituer un laboratoire d'appropriation de la nouvelle culture d'évaluation fondée sur l'estime de soi, le parcours individuel, le répérage des compétences...

La fiche qui suit vous invite à clarifier un peu ce qu'est le B2i ou ce qu'il n'est pas. Elle est ouverte à vos réflexions et critiques, aux récits d'expériences.

Le B2 I école

Il s'incarne pour beaucoup au travers de la feuille de position et de ses cinq domaines :
le B2i et sa feuille de position5 domaines


Il apparaît utile de souligner que ces domaines ne se succèdent pas ni dans le temps ni du point de vue de la difficulté. Les 22 compétences ne constituent pas le programme du B2i mais ce qui est attendu en fin de parcours au CM2.

Des orientations par les textes

Il importe pour bien saisir l'esprit du B2i de se situer du point de vue des textes institutionnels. Depuis dix ans, ils sont nombreux. A cette date de la rentrée 2007, nous en retenons quatre :

Le B2i : une vision originale...

Pas un examen Mais certificatif
Renseigné au fil de la scolarité Exigible avant l'entrée au collège et pour le NBC
Pas « disciplinaire » Mais les TUIC = 1 pilier du socle
Des compétences Pas un programme linéaire

Le B2i tout en étant "certificatif", ne constitue pas un examen sur le modèle des diplômes que nous connaissons et qui admettent une obtention grâce à la moyenne générale de plusieurs notes. Il relève du contrôle continu et du parcours individuel tout en s'obligeant à des rendez-vous institutionnels (bilan de fin de cycle 3 notamment).


Des idées « force » à retenir :

Le B2i collège (Brevet informatique et Internet) correspond au niveau exigible pour le socle commun, il est un élément constitutif du nouveau brevet des collèges.

Les compétences sont acquises dans le cadre d’activités relevant des différents champs disciplinaires.

Les B2i constituent des attestations de compétences développées par les élèves tout au long de leur cursus lors d’activités intégrant les TIC dans le cadre de l’enseignement scolaire.


La validation ne s’effectue pas en fin de cycle mais tout au long des cycles de l’école primaire (maternelle et élémentaire) pour le niveau 1

La vérification des compétences est intégrée aux apprentissages

Les compétences constitutives du B2i sont développées et validées dans le cadre des activités pédagogiques disciplinaires, interdisciplinaires ou transversales menées dans les écoles et les établissements d’enseignement.

des modalités d'évaluation originales :

le B2i est validé sur proposition de l'élève...
Tous les enseignants valident les items...  Ils valident progressivement les items  dès lors que l’élève estime les avoir acquises.
La feuille de position est intégrée au livret scolaire qui suit l’élève

Une attestation qui a valeur de certificat 

le B2i est acquis lorsque 80 % des items sont validés et qu’au moins la moitié des items de chacun des domaines est validée.

L’attestation est délivrée par le directeur de l’école sur proposition du conseil de cycle
Les TUIC intégrées...

La nécessaire programmation des apprentissages

Il convient de penser le parcours des élèves d'une cohorte dans le cycle, mais également de savoir s'adapter aux progrès et donc au parcours individuel de l'élève. La feuille individuelle de position permet ce suivi, elle doit être complétée par un tableau de bord permettant de suivre le parcours des élèves en croisant les compétences du B2i avec les différentes activités disciplinaires menées par les différents maîtres.
On peut et doit à la fois penser le parcours "a priori" (avec une idée de progression car certaines compétences relèveront plutôt par exemple du cycle 3) mais il faut un outil souple, qui permette aux maîtres, au fil de l'eau de renseigner "a posteriori" le tableau de bord.
par exemple : dans telle classe on a mené un projet d'exposition qui a permis d'élaborer des affichages intégrant du texte, dans une autre classe, une classe de découverte a engagé un travail sur l'image numérique, ailleurs les élèves pour travailler la lecture orale de textes (le dire), ont effectué des montages sonores enregistrés... Toutes ces activités sont l'occasion de pratiquer les TUIC de manière intégrée et de mettre du sens sur les apprentissages.
Très souvent, les maîtres doivent apprendre à repérer dans "ce qu'ils font déjà", ce qui relève des compétences du B2i. .

Penser le parcours de l'élève c'est :
Se donner des outils de suivi...

Impact pédagogique 

Pour éviter de faire de l'informatique une discipline, il faut rechercher tout ce qui favorisera son utilisation transversale avec deux entrées essentielles :

penser à varier

Une approche possible ...

Préférer l'entrée par la situation ou le projet..

C'est éviter de partir de la compétence du B2i pour chercher une activité "prétexte" mais plutôt partir d'une activité disciplinaire identifiée dans la classe et qui sera l'occasion de développer telle ou telle compétence..
Il s'agit d'utiliser l'outil informatique pour répondre à un besoin, une situation problème ou un projet

Le maître aura ensuite la mission de repérer ce qui a permis alors de travailler les compétences du B2i

Il devra enfin aider le ou les élèves à prendre conscience de ce qu'ils font avec l'outil informatique.

C'est une fois cette prise de conscience effectuée et dès lors qu'il aura stabilisé un savoir faire mais sera capable d'y mettre du sens, que l'élève proposera la validation de la compétence au maître.

Si l'élève peut dans sa pratique personnelle, à la maison ou dans une association, un club... accumuler de manière plus ou moins empirique des connaissances et des "savoir - faire" informatiques, il appartient à l'école d estructurer ces apprentissages et d'aider les élèves à comprendre sous le geste technique ce qu'ils font et les enjeux qui en découlent.
L'école retrouve là son plein sens d'exercice.
Elle construit un rapport citoyen et rationnel face à cet outil souvent envahi de virtuel ou de consumérisme.

Pour les maîtres, l'illustration apportée par les TICE en matière de programmation et d'évaluation peut aider aux futures transpositions dans les différents domaines.
En effet, la pédagogie différenciée, la réponse aux besoins individuels est une injonction forte de la Loi d'orientation et de programme pour l'avenir de l'école de 2005.
Une pratique réussie avec le B2i peut s etransposer par exemple en mathématique : l'élève qui maîtrise une compétence et en prend conscience peut en demander la validation. Moins bien assuré, il pourra demander un renforcement, une aide, compléter son apprentissage et avec le maître aller jusqu'à la conception de son plan de travail personnel ou à la définition de ses besoins. Plutôt qu'une sélection par l'échec, l'élève peut s'appuyer sur ses premières réussites, essayer sans risque, progresser à son rythme.
Cela suppose une organisation des apprentissages qui ne soit pas exclusivement frontale, une organisation exigeante.

 
à suivre...
à voir la fiche sur "une autre façon de penser"