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la circulaire du 3 janvier 2006 sur la lecture au cp

La circulaire du 3 janvier 2006 précise les orientations voulues par le Ministre en matière de lecture: elle s'inscrit dans les programmes de 2002 modifiés par le décret du 30 mars 2006 et dans le cadre de la Loi d'orientation de 2005 qui conforte l'organisation des apprentissages en cycles.

La circulaire et le dossier de Presse du Ministère http://www.education.gouv.fr/actu/element.php?itemID=200615126
La réaction du syndicat des inspecteurs
http://www.unsa-education.org/sien/

Au delà du contexte médiatique et des polémiques, nous vous proposons une première présentation de la circulaire...

Deux ou trois points à souligner :
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enseigner la lecture se fait dans le respect des programmes et exige une bonne structuration;
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enseigner la lecture ne se fait pas tout seul et pas seulement au cp : les maîtres doivent travailler en équipe, en amont et en aval, en accompagnement des élèves... C'est aussi une façon d'éviter les dérives ou d'adapter mieux les pratiques;
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les maîtres doivent travailler en co-éducation, c'est à dire expliciter aux parents leurs stratégies et méthodes sans leur confier ou leur déléguer la remédiation, remédiation déléguée souvent des parents au monde para-médical qui doit intervenir sur les vrais troubles du langage et de la pensée ou du comportement;
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toute méthode suppose la prise en compte des publics et du contexte : le projet d'école doit contribuer à adapter l'enseignement de la langue aux besoins des élèves.

A cet égard l'approche transversale de la maîtrise de la langue contribue à en faire une préoccupation de tous les instants, à donner du sens aux situations de communication, à la production orale et écrite.

Notre langue témoigne à la fois de l'étymologie, peut donner plusieurs graphies différentes aux homophones, conserve des traces de l'ancienne orthographe dans ses mots (l'accent circonflexe...), réunit par des choix orthographiques certaines familles de mots... Alors les sons disait-on il y a quelques années, dans certaines classes, peuvent prendre « plusieurs costumes ». Mais ces costumes se rencontrent selon des fréquences significatives et observables.

Complexe, notre système présente néanmoins des cohérences.

Peut-être serait-il pertinent de ne pas opposer le code au sens pour que l'on fasse du code un élément du sens.

Son approche présentée parfois de manière désincarnée semble austère à certains alors que les élèves aiment jouer avec le code et les sonorités de la langue... Ils aiment cela, à la condition expresse que très vite le projet de devenir lecteur, de s'émanciper par la lecture puisse leur être offert.

Il est important de rappeler le rôle fondamental de l'école maternelle dans la rencontre de l'oral - la langue et ses sonorités-, le travail de son enrichissement comme dans la rencontre de l'écrit dans ses différentes fonctions.
Il est important encore de souligner que la lecture plaisir, ne s'incarne pas dans la seule rencontre de la fiction et qu'apprendre à lire c'est aussi apprendre à écrire. Le passage par l'écrit contribue grandement à mieux intégrer les différentes unités.

Le livre est cet objet étonnant qui suppose un rapport personnel au texte, un retour toujours possible. Lire suppose des conduites d'autorégulation. Il y faut confiance, stabilité, développer à la fois la capacité (la liberté même) de revenir en arrière mais aussi de se projeter en avant...
Le cycliste sait que pour avancer loin, il ne saurait pédaler en fixant le pédalier.

L'attention, la mémoire, le comportement de l'élève sont l'objet de la préoccupation constante du maître qui organise des dispositifs qui contribuent à faire de la classe un lieu propice aux apprentissages en lecture plus qu'ailleurs encore.

Certains voient dans la lecture et l'écriture des pratiques passéistes concurrencées par les médias. Pour beaucoup, lire et écrire ne servent qu'à "passer des examens".
On pourrait s'interroger de savoir si un maître qui ne lit pas pour lui même peut donner le goût de la lecture.
Mais le livre, ce n'est pas un objet simplement concurrent des autres médias : Il possède sa spécificité.
Le roman par exemple, n'est pas seulement une fiction comme le film ou le programme télévisé : il porte ses implicites, ses secrets, lorsqu'il est "bon" c'est parce qu' il est "subversif" en cela qu'il autorise soudain le lecteur à s'émanciper de son destin. Lire c'est s'évader, mais pas seulement pour rêver.

Lire c'est s'autoriser à penser autrement.

Notre projet d'enseigner la lecture dépasse une simple vision utilitariste.

Il faut à nos élèves un étayage structuré, des repères.
La notion de mot par exemple est complexe. La segmentation de la phrase lue en mots, puis dans le mot avec perception des syllabes puis des phonèmes exige un vrai travail qui peut toutefois être présenté aux élèves de manière structurée
et vivante.
Le contenu peut être adapté aux compétences de l'élève mais contribuer à enrichir son univers :
travailler en classe doit toujours susciter l'activité intellectuelle de l'élève.
L'élève peut et doit s'entraîner, savoir mener des activités systématiques mais il doit être capable de comprendre ce qu'il fait et pourquoi.

Pour savoir que B + A font BA, il faut savoir ce qu'il y a derrière le BA.
Savoir lire "banc" b+anc suppose la capacité de savoir où découper le mot et très vite disposer de mots outils, d'unités de référence. Les lettres muettes exigent un vrai travail avec des observations, des classements, des recherches...

Il faut des encouragements aux élèves et développer l'estime de soi.
Il nous faut avoir confiance en l'intelligence de tous. Pas se fonder seulement sur des automatismes et de la répétition , mais regarder avec eux leurs essais pour élucider ce qu'ils ont déjà compris et avancer progressivement et résolument.

L'élève a le droit de comprendre ce qu'il apprend et pourquoi il apprend.

Lire et écrire, lire et dire et cela dans toutes les activités que nous menons à l'école : inlassablement.

Le plaisir ?
Le besoin !

Ecrire pour penser, pour communiquer, pour vivre ensemble !

Lire et écrire pour gagner... un peu de pouvoir citoyen.

Et nous expliquerons tranquillement aux parents ce que nous faisons de manière attentive et structurée dans nos classes.
Et nous avancerons avec patience et générosité. Loin des effets d'annonce et des formules à l'emporte pièce : exigeants et tranquilles, attentifs et lucides, professionnellement.

 

 

Apprendre à lire

  La circulaire du 3 janvier 2006   Le commentaire
 A lécole maternelle, l'enfant a commencé à s'approprier le patrimoine de la langue française. En parlant et en découvrant le monde de l'écrit, il s'est chaque jour nourri de mots nouveaux. Par l'attention patiente de sa maîtresse ou de son maître, il a compris que ces mots se composaient de sons.

 Rappel de l'importance de l'école maternelle: nécessité d'enrichir la langue et de développer la fréquention du livre.

Le lexique s'enrichit à l'oral. L'enfant manipule déjà de la langue écrite.

Jeux d'écoute et de production de sonorités.

Il a commencé aussi à saisir que, par des lettres que l'on voit et qui se répètent, on peut porter sur le papier la trace d'un son que l'on entend. Il a même commencé à dire le son en voyant le signe.

 

Guidé avec méthode, il s'est approché de la frontière de la lecture.

Reconnaissance des lettres... reconnaissances des lettres dans le mot.Comparaisons « ça commence comme », « on entend le son comme dans... ».

Certains élèves de maternelle débutent l'apprentissage de la lecture, parfois lisent déjà des éléments. Il faut en informer le maître du cp... comme pour ceux qui éprouveraient des difficultés.

 C'est sur cette lisière d'un savoir nouveau que l'élève arrive au cours préparatoire où, en quelques mois, il va vraiment apprendre à lire.  Durée variable selon les élèves : si le cp est une classe charnière, le cycle reste néanmoins de trois ans.

 Apprendre à lire résulte de la découverte du principe alphabétique de notre langue. Les chercheurs, en France et l"étranger, en sont d"accord : l'apprentissage de la lecture passe par le décodage et l'identification des mots conduisant à leur compréhension.

L'identification des mots n'a rien à voir avec une devinette et son apprentissage se construit progressivement.

 Cela ne s'oppose pas au travail d'identification du texte, du contexte. Importance aussi de travailler sur les mots et les sons les plus fréquents...


Le contexte aide mais exige une recherche de preuve. Cette preuve s'élabore à partir d'un ensemble d'indices qui se croisent. La progressivité s'exprime dans une adaptation aux élèves : différenciation en amont, travail sur un lexique simple aidant à élaborer les reconnaissances ultérieures...

 Il est nécessaire que l'élève identifie les sons de la langue française ainsi que la relation qui les relie aux lettres et groupes de lettres correspondants. Il comprendra alors que les lettres codent du son et non du sens. Il apprendra à assembler les lettres pour constituer des syllabes prononçables, puis des mots qu'il rapprochera de ceux dont il a déjà l'image auditive dans sa mémoire. La syllabe est un point d'appui essentiel : savoir segmenter la parole en unités, retrouver les syllabes qui constituent un énoncé sont des premiers pas vers la prise de conscience des sons élémentaires de la langue.  Sans oublier les indices apportés par l'orthographe : le son « e » s'écrit de différentes façons dont le « ent » de « ils marchent » Point d'appui, la syllabe ne suffit pas pour intégrer l'orthographe... donc le sens...

 Au cours du CP, à l'oral et à l'écrit, un entraînement systématique à la relation entre lettres et sons doit donc être assuré afin de permettre à l'élève de déchiffrer, de relier le mot écrit à son image auditive et à sa signification. Pour cela, la copie et la dictée de syllabes puis de mots seront des exercices nécessaires : la conquête du code doit associer lecture et écriture.

Il est ensuite indispensable d'automatiser le plus vite possible l'identification des mots en amenant l'élève à mémoriser leur forme écrite et à se constituer un lexique orthographique mental. Ce précieux trésor de référence se constituera progressivement, par la rencontre fréquente des mots en lecture et en écriture.

 Le travail sur l'écriture est fondamental : il suppose très vite un travail de productions de phrases et de textes : la dictée à l'adulte est argumentée par les élèves. La production de phrases fait l'objet d'observations...



Des mots outils : lexique de référence de base.

 L'automatisation de la reconnaissance des mots nécessite des exercices systématiques de liaison entre les lettres et les sons et ne saurait résulter d'une mise en mémoire de la photographie de la forme des mots qui caractérise les approches globales de la lecture : j'attends donc des maîtres qu'ils écartent résolument ces méthodes qui saturent la mémoire des élèves sans leur donner les moyens d'accéder de façon autonome à la lecture.

 Construction de référents dans la classe : classer des mots en fonction de leurs sons.

L'élève doit comprendre peu à peu qu'il peut être "son propre recours" pour lire sans l'aide de l'adulte... Il ne s'agit pas que l'adulte "donne les solutions" : l'élève doit chercher activement celles-ci et comprendre qu'il peut le faire (choix de situations simples et ludiques).

 Déchiffrer les mots dans l'ordre constitue un savoir-faire indispensable, mais ne suffit pas : le but de la lecture est d'accéder au sens précis des mots, puis des phrases, puis des textes et non pas seulement au bruit des mots.

 

Il est donc indispensable d'amener l'élève à maîtriser la langue de l'écrit, différente de celle qu'il entend et pratique à l'oral. Il lui faudra comprendre l'importance de l'orthographe des mots (orthographe d'usage, premiers éléments de l'orthographe grammaticale) ainsi que de l'organisation grammaticale de la phrase et des textes qui met en scène le sens.

 Eviter de se contenter de la simple "oralisation" : le but est d'apprendre à comprendre "en lisant" ... c.f. test du texte en langue étrangère qu'un enfant peut lire sans comprendre qu'il n'a pas lu du français.

Il arrive que les élèves photographient spontanément des mots : là aussi un retour fin et précis sur la silhouette du mot suppose d'être capable de faire « la preuve »... mais encore de s'autoriser à lire vite et d'un seul bloc le mot ou l'unité connue...Il faut être capable de reconnaître un mot quelquesoit son écriture, son contexte...
La mémoire du jeune enfant lui permet cependant une vélocité réelle : voir par exemple le travail d'auto-dictée qu'il convient cependant d'appuyer là aussi par la vérification, la recherche de la « preuve »...
Capital : cela exige très vite une approche du sens de la phrase...

 Il devra passer rapidement d'une lecture mot par mot à la lecture de phrases et de textes. Par la familiarisation avec des livres adaptés à son âge, l'élève étendra sa culture et donnera plein sens à la lecture par laquelle il apprendra à accéder au savoir de manière autonome.  
Importance rappelée de la littérature de jeunesse.

 L'apprentissage de la lecture passe donc par des étapes et suppose de la méthode, de la rigueur, mais aussi du temps : ainsi, lire et écrire effectivement deux à trois heures par jour comme le recommandent les programmes, apprendre quotidiennement un ou deux mots nouveaux, seront d'un grand profit.

 

A la fin du CP, tous les élèves doivent avoir acquis les techniques du déchiffrage et les automatismes qui permettent la lecture autonome et le plaisir de lire.

 L'ONL invite toutefois avec les programmes à se méfier d'une approche étapiste.

On peut proposer une approche à la fois ludique et intelligente du travail du code (observation de la langue) qui suppose aussi pour développer l'autonomie et le plaisir de lire que l'élève comprenne toujours le sens des exercices proposés, c'est à dire puisse construire son projet de lecteur.
Dans certains cas, on pourra apprendre plus d'un ou deux mots...

 La généralisation de l'évaluation au début du CE1, que je viens de décider à la demande de nombreux maîtres, a pour objectif d'analyser les difficultés techniques qui persisteraient à ce niveau afin de mettre immédiatement en place des programmes personnalisés de réussite éducative : tous leurs bénéficiaires doivent être réellement lecteurs à la fin de l'année de CE1.

 Pertinent d'évaluer régulièrement et d'intervenir le plus tôt possible dès le cp...


Mise en place rapide du différencié : ne pas soublier que l'on peut proposer des aides en amont très tôt dès la maternelle.

 Apprendre la lecture à un enfant est l'affaire des maîtres et des maîtresses : je veux leur exprimer ici toute ma confiance. Pour remplir cette mission essentielle, ils ont droit à la meilleure formation. Les inspecteurs, les conseillers pédagogiques, les formateurs des IUFM, sont donc les premiers responsables de la mise en oeuvre de ce texte qui sera complété par des instructions plus détaillées : j'attends qu'ils apportent tout leur soutien aux jeunes enseignants, mais aussi à des enseignants plus expérimentés, pour que ces orientations se traduisent concrètement dans les classes. La formation initiale, comme la formation continue, devront consacrer aux apprentissages premiers de la lecture un temps significatif.

Ainsi, l'école se donnera tous les moyens pour que tous les élèves réussissent ces premiers pas décisifs dans le monde de la lecture. Pour atteindre ce but, les maîtres et les maîtresses méritent les meilleurs outils : je souhaite que les éditeurs de matériel pédagogique à destination des classes, ainsi que les gestionnaires des dispositifs de formation à distance, contribuent à cet effort de recentrage des apprentissages premiers de la lecture.

 

 

 

 

 

 

 

L'édition scolaire est libre en France : de nombreux manuels de lecture comme d'ORL ne respectent pas les programmes y compris lorsqu'ils se cantonnent dans une approche syllabique.

 Les parents doivent faire confiance aux maîtres dans l'exercice de leur mission : il faut cependant qu'ils soient informés du projet pédagogique qui conduira leur enfant à l'apprentissage de la lecture au cours préparatoire. Je recommande que tous soient régulièrement tenus au courant de la progression suivie et conseillés sur la nature du soutien qu'ils pourraient utilement apporter.

 

 

 

 

 

J'ai fait de l'égalité des chances la référence constante de mon action et je suis persuadé que l'égalité des chances, c'est d'abord l'égalité des toutes premières chances. J'attends donc que cette instruction soit mise en oeuvre sans délai.

L'enjeu est essentiel pour notre pays.

Je sais pouvoir compter sur l'engagement de chacun. Je remercie les maîtresses et les maîtres de ce qu'ils font et de ce qu'ils feront pour faire acquérir à tous nos élèves ce bagage indispensable qu'est la maîtrise de la lecture, au service de notre patrimoine commun le plus précieux : la langue française.

Gilles de Robien

 Il est important d'expliciter aux familes ce qui est fait en classe.

Toutefois, il faut être prudent : toutes les familles ne sont pas en mesure d'apporter un soutien efficace vis à vis de leur enfant. Elles ne sauraient être culpabilisées. Il ne faut pas confondre "soutien de la famille" et "soutien scolaire".Les difficultés scolaires doivent être d'abord compensées à l'école : ppre, aide du rased...

 


 

et vous ?
quel est votre point de vue sur la question ?

vos réactions et contributions prepaclasse@aol.com 

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