gérer et préparer la classe primaire élémentaire & maternelle

partir en stage

problème posé : pourquoi partir en stage ?
Débutants ou confirmés, les maîtres peuvent bénéficier de stages de formation.
Acte le plus souvent volontaire, le "départ en stage" suppose néanmoins la volonté de répondre à un besoin.

Nous employons la terminologie commune de "stage" mais celle-ci évolue pour devenir "dispositif de formation" dans la mesure où les formules "traditionnelles" des stages sont amenées à évoluer.

Il était communément admis autrefois qu'un enseignant sorti de l'école normale devait attendre plusieurs années avant de justifier d'un droit à la formation continue.
Les représentations actuelles du métier et le concept de professionnalisation supposent une actualisation permanente des connaissances.
La mise en place de projets d'équipe spécifiques suppose également la possibilité de libérer du temps pour favoriser ce travail.

La loi d'orientation pour l'avenir de l'école de 2005 définit explicitement un droit individuel à la formation continue des maîtres (droit également défini dans une loi plus générale).

Chaque maître pourra progressivement élaborer son projet personnel de formation et le proposer à l'autorité académique.

Chaque académie propose par ailleurs un ensemble de formations en fonction de besoins spécifiques liés notamment à l'accompagnement de la mise en oeuvre des orientations nationales.
Depuis 1991 ces programmes doivent être fondés sur l'analyse des besoins et la demande de formation et non pas seulement dans une logique "d'offre" qui favoriserait une attitude de "consommateur de stage".

Il faut rappeler que toute mise en formation engage un coût significatif :
- le coût afférent au stage lui même comme la présence de formateurs, le besoin en matériel, locaux et documentation...
- le coût en personnel de remplacement : il faut disposer d'enseignants remplaçants à même d'exercer la continuité du service public.
Dans certains cas très précis, le recours aux professeurs des écoles stagiaires (
pe2)qui doivent pendant leur formation effectuer sur le terrain des stages en responsabilité peut favoriser un départ en stage des maîtres titulaires des classes
.

Peut-être devrait-on envisager un "coût pédagogique" dans la mesure où la stabilité des maîtres favorise les apprentissages des élèves, il faut pouvoir s'assurer de la continuité et des cohérences. rappelons l'importance du fameux "tuilage".
Enfin, sans porter atteinte aux plus anciens des maîtres, on peut s'interroger de savoir s'il est "rentable" de former longuement par exemple un maître qui va bientôt faire valoir ses droits à la retraite.

On peut distinguer deux grands types de stages :
- des stages pour lesquels le professeur des écoles est "volontaire" Chaque professeur des écoles en France, dispose d'un capital temps de 36 semaines qui lui permet d'accéder à des stages de formation continue au long de sa carrière,
- des stages dits "à public désigné" dont le temps n'est pas décompté. Par exemple, l'académie de Paris a engagé une action d'envergure favorisant de nombreux départs en stage des maîtres en vue de développer l'enseignement des langues vivantes.

Autrefois réservée à des enseignants ayant une certaine ancienneté, la formation continue est accessible à tous bien que la sélection des stagiaires s'effectue encore le plus souvent sur des critères où le barème et par conséquent l'ancienneté vont jouer.
En effet , les candidatures à un stage sont examinées par la Commission administrative paritaire départementale où siègent à parité représentants de l'administration et du personnel.

L'influence de la Loi organique relative aux lois de finances (LOLF 1er août 2001) :
cette loi vise à instituer une logique budgétaire de l'État qui abandonne la représentation en chapitres pour lui substituer une logique budgétaire fondée sur la performance.
Il s'agit de passer d'une logique de moyens à une logique de résultats.
Cela suppose une maîtrise à l'euro près des dépenses qui doivent être envisagées a priori au service d'un objectif dont la réussite sera mesurée a posteriori.
Cela implique que "le catalogue des stages" autrement dit l'offre de formation soit pensée en termes de besoins précis.

Pour le maître il s'agit en quelque sorte de croiser avec pertinence ses besoins personnels en formation avec ceux de l'institution .

Un maître peut partir en stage pour plusieurs raisons :
- pour améliorer ses compétences professionnelles
par exemple améliorer ses connaissances didactiques, actualiser des connaissances...
- pour obtenir une qualification nouvelle
par exemple pour se spécialiser (CAPSH et maintenant CAFIPEMF) ou s'adapter à un nouvel emploi...
- pour travailler en équipe ou avec des partenaires extérieurs...
(c'est le cas en particulier de stages accordés à des écoles en rep).

Il faut noter que dans de nombreux pays européens - en particulier nordiques - , la plupart des stages de formation continue n'ont pas lieu pendant le temps scolaire. Dans certains pays, la "pré-rentrée" ou le maintien après le départ en vacances des élèves est institutionnalisé pour des durées significativement plus longues qu'en France où seulement deux jours dits de "pré-rentrée" permettent de lancer le travail en équipe.
De nombreux pays européens proposent ainsi aux maîtres des formations qualifiantes en dehors du temps scolaire. Ces formations peuvent par exemple permettre de capitaliser des unités diplômantes de type universitaire. Ces formations permettent notamment d'accélérer la progression indiciaire des maîtres tout en réduisant les coûts en personnel de remplacement.
Cette modalité pourtant intéressante suppose néanmoins un changement de culture qui s'oppose à de nombreux conservatismes.

Le dispositif d'accompagnement à l'entrée dans le métier proposé aux néotitulaires contribue néanmoins à faire évoluer les représentations en incitant les jeunes maîtres à envisager leur projet professionnel dans une dynamique.

Du cahier des charges à la demande individuelle :
Aujourd'hui à partir des priorités nationales,
chaque académie définit ses priorités.
On élabore ainsi
un cahier des charges de la formation continue.
Ce cahier des charges définit des axes, des priorités.
Il est construit à partir du travail d'une commission d'experts, puis présenté au conseil départemental de formation (instance consultative présidée par l'inspecteur d'académie).
A partir de ce cahier des charges il est procédé un appel d'offres.
A la lecture de cet appel d'offres différents partenaires comme l'IUFM, les universités, des formateurs académiques ( inspecteurs et leurs équipes...) proposent des actions de formation.

Celles-ci doivent être validées par l'autorité académique en fonction des critères du cahier des charges (objectifs, budget, journées stagiaires, modalités, évaluation etc.).

Ensuite, les enseignants postulent aux stages qu'ils souhaitent effectuer soit individuellement soit lorsqu'il s'agit de "stages école" en "équipe".
La commission administrative paritaire départementale examine ensuite la recevabilité des demandes de départ en stage.
Pour les départs individuels c'est encore le plus souvent le barème qui fait sélection.
Pour les stages "école", il existe des systèmes de barèmes pondérés : en effet, certaines écoles en zep qui ont des besoins forts en formation ont souvent des équipes "jeunes". Sans entrer dans des considérations techniques, le simple critère de l'ancienneté n'apparaît pas comme pertinent.


Le ministère de l'éducation développe une application GAIA qui permet aussi bien aux opérateurs qu'aux enseignants de présenter ou de s'inscrire au dispositif grâce à l'outil informatique et internet.
Chacun peut ainsi proposer une offre ou s'inscrire en ligne de manière plus rapide que par le passé.

Mais n'oublions pas que le but final de ces formations est " l'amélioration des performances et la réussite de tous les élèves ".
Choisir de demander une formation doit s'inscrire dans ce but pour lequel on escompte des résultats attendus et mesurables.

 

Des perspectives nouvelles :
Les demandes de formation pourraient se croiser avec :
- le développement de l'activité réflexive du maître qui pourrait s'appuyer sur des indicateurs professionnels,
- le développement d'une pratique fondée sur l'observation des résultats et des besoins des élèves dégagés notamment à partir des évaluations nationales,
- un croisement entre les objectifs du projet d'école, le travail en équipe et la mutualisation avec les compétences identifiées des maîtres ;
- l'idée que l'inspection pourrait aider les maîtres à orienter leurs choix et pourquoi pas à terme favoriser l'accès des maîtres à la formation.

De fait, partir en stage ne se construit pas seulement en fonction d'intérêts strictement personnels.
Il devrait même être possible a posteriori de mesurer l'effet du stage sur les résultats des élèves, les pratiques des maîtres.

Partir en stage, ce n'est pas seulement "consommer de la formation". Par exemple dès le bilan du projet d'école ou lors de l'élaboration du nouveau projet d'école, des maîtres individuellement ou en équipe peuvent recenser des besoins, appuyés par les équipes de circonscription et les faire connaître.
On peut imaginer aussi qu'un maître qui part en stage et peut y recevoir ou y produire différents supports mutualise les apports reçus au sein de l'équipe.
Partir en stage devient alors un geste responsabilisant, un véritable geste professionnel.

vos réactions et contributions prepaclasse@aol.com 
vincent breton droits réservés février 2006