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gérer
et préparer la classe primaire élémentaire & maternelle |
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| l'impossible débat |
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Dans
la Presse, à la télévision, le ministre
à l'assemblée, au sein des listes de discussion
, dans les salles des maîtres... nous sommes nombreux à
entendre, à réagir, à nous exprimer sur
tout ce qui bruisse actuellement à propos des méthodes
de lecture. Raccourcis, formules, arguments, convictions, démonstrations, chiffres, dénonciations, insinuations, anathèmes... tout ce foisonnement finit par faire brouillage et peut faire douter en particulier nos collègues qui débutent et peuvent craindre d'être soumis à de nouvelles tensions. Outre l'effet de saturation, il y a ce risque d'aboutir à une crispation supplémentaire ou, comme dans toute situation complexe, au recours à des réponses simplistes. J'ai déjà posé
la question du "faut-il se taire ?" au risque
de "laisser dire" et croire, ou intervenir au risque
d'ajouter un peu plus de brouillage, de se laisser piéger
soi-même parce qu'il n'est pas toujours aisé de
développer ses arguments ou de ne pas se laisser étiqueter
par avance. Escompter ramener le débat aux professionnels ne serait ni suffisant ni efficace. Pour grande part, si les maîtres ouvraient un peu plus la porte de leur classe aux parents, pour montrer, expliquer, faire partager; ils pourraient en faire de véritables partenaires. Cela suppose néanmoins d'être bien outillé et en confiance pour pouvoir agir en professionnel responsable sur son champ de travail tout en continuant de préserver assez d'espace à l'enfant pour qu'il devienne élève. Ce débat dépasse la simple lecture et prend sa place dans les questions plus générales relatives à l'école, à l'évaluation, à la place de la lecture et de l'écriture dans la vie privée et citoyenne, à la Société, aux modèles républicains (fédéralisme, souverainisme) et j'oserais même le relier à la question européenne ! [Pour pousser le bouchon un peu loin, j'oserais jusqu'à suggérer de croiser dans un sondage le vote au référendum aux élections européennes avec le choix de la méthode de lecture !]
- ne sommes nous pas souvent
nous mêmes victimes d'obstacles épistémologiques
? Autrement dit, serions nous capables de travailler sur nos représentations initiales en matière de lecture ?
Sur un autre versant, plus pédagogique, là où certains parlent de méthode d'autres parlent de démarche. Enseigner la lecture est-il indifférent de la représentation que le maître peut avoir des procédures que met en oeuvre un élève pour apprendre à lire ? Non. Et l'on sent une nouvelle fois la complexité du sujet où sont convoqués non seulement des éléments relatifs à la connaissance de la langue, mais également relatifs au fonctionnement intellectuel de l'élève, au développement du cerveau... Il ne s'agit pas seulement
d'une affaire de progression, de manière de commencer
ou pas, de définitions d'étapes mais de représentation
du système où se définissent les relations
entre l'élève, le maître, l'objet à
apprendre. Faut-il associer les partisans
des méthodes syllabiques au modèle transmissif
et ceux des démarches intégratives au modèle
constructiviste ? Nous éprouvons des
difficultés à nous donner des critères précis
d'évaluation :
il est difficile de comparer des performances du point de vue
historique tant les publics ont évolué en nombre,
parcours, cadre culturel, lexique... Nous sommes encore dans le flou et le pilotage par les résultats de nos actions pédagogiques reste faiblement mis en oeuvre.
Notre culture française reste trop souvent figée sur une évaluation en négatif et non pas sur un recensement des réussites. Si un modèle fait réussir 85 % des élèves, il serait utile aussi d'aller creuser et d'analyser en quoi il fait réussir les uns et quelle part fait obstacle aux autres. Il serait peut être opportun encore d'inviter les uns et les autres à mieux définir quel est leur projet : quel lecteur voulons nous faire et de quels types d'écrits ?
Autre chose : nous donnons différents ouvrages à lire à nos élèves dont des ouvrages de fiction. La fiction est en concurrence défavorable avec l'audiovisuel. Nous pouvons critiquer la télévision... mais le combat sera perdu d'avance. Un livre ce n'est pourtant pas qu'une histoire transportable, ce qui n'est déjà pas si mal... Nous pouvons et devons montrer que le livre porte au delà de l'histoire des secrets, des mystères, des implicites à lever, des références culturelles à élucider et du savoir savoureux pour s'émanciper. Pour partager ce savoir savoureux, dès la maternelle il nous faut donner du langage, conter, raconter, reformuler et apporter le maximum de culture et de lexique. Enfin : pourquoi l'apprentissage du code serait il à ce point tristounet et réduit à des gammes peu joyeuses, alors que classer du code, trier, différencier, combiner, bricoler du code peut contribuer à comprendre l'étrange et amusant fonctionnement de la langue française ? Faire du code, comme faire des rythmes, cela peut amuser tout le monde et aussi rassembler tout le monde... Dire et redire aussi qu'il
faut dans cette affaire de méthode interpeller notre vision
de l'effort et du plaisir en refusant l'idée que ces deux
valeurs seraient antinomiques.
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