une affaire de personnes !
Quand les pronoms sont mis à mal ce sont les personnes
qui trinquent ! A l'école, la dictature molle du " On " stérilise
les échanges et aseptise nombre d'écrits.
Le " On " à
l'école, si l'on réfléchit,
c'est la globalisation, l'imprécision, l'indécision.
" On va prendre
son livre et on va faire les
exercices 4 et 6 de la page 12 ; dit la maîtresse ".
Mais ce " on " mou
qui n'implique vraiment personne, c'est " vous
" enfin eux ! les élèves
qui vont faire les exercices !
La crainte d'exprimer un peu d'autorité ne nous ferait-elle
pas user du subterfuge du " on "
?
Savons-nous toujours nommer, appeler, impliquer la " personne
- élève " lorsque nous souhaitons la solliciter
?
" On va sortir en
récréation ". Mais ce " On
" c'est " Nous "
même si disant cela, la maîtresse réalise que
" nous" allons
descendre dans la cour, puis vous irez
en récréation tandis que je
préparerai le tableau " ! N'est-ce pas plus clair
ainsi ?
Injonctions que l'adulte n'ose plus donner, personnes que l'on n'ose plus nommer et désigner
dans leur responsabilité, le "on"
convient au consensus mou des émissions spectacles
de la télévision : " en
France, on aime de moins la politique ". L'animateur
a parlé, mais je me suis endormi. Le "
on ", sujet indéfini ne devrait avoir sa
place en classe qu'avec parcimonie. Protée,
dieu grec de son métier, pouvait prendre plusieurs formes.
Comme le " on ". " Nous, on veut bien dire nous ! Mais on va paraître
ringards ! ". Si le "
on " est en littérature : " On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept
ans
" (Rimbaud), il mérite alors
que son usage soit élucidé dans ses nuances et ce
qu'il implique.
Invariable et multiforme, le " on
" nous évite trop encore la rencontre de
la conjugaison des verbes au pluriel. Le "
On " ne viendrait-il pas limiter l'effort qu'impose
l'usage de plusieurs formes verbales ?
Ne serait-il pas gentiment flemmard, le "
on " ?
La conjugaison est déjà mise à mal par l'abandon
du vouvoiement dans trop grand nombre de classes. Ce vouvoiement
dont certains craignent inutilement la distance qu'il mettrait
entre l'élève et le maître. Pourtant, il sait
mieux que quiconque définir la nuance et la différence
des rapports qui existent entre l'enfant et sa mère d'une
part et l'élève et son maître d'autre part.
Vivons tout ce qui nous
engage dans l'usage réfléchi, diversifié
et choisi des pronoms !
" On chipote, on chipote "
! Et pourtant, de vous
à moi, mine de rien, n'avons nous
pas ici un bel indicateur de nos représentations de la
langue et des relations dans la classe ? très bonne quinzaine
à tous !
Vincent Breton.
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